Les rêves prémonitoires  v2.0


Ce chapitre, « Les rêves prémonitoires », est la deuxième version que je vous écris. Il aborde principalement les rêves prémonitoires, mais j’y ajoute deux autres sujets :
- Les miracles (même si cela ne fait pas partie du sujet de ce site) ;
- Notre étrange comportement face à tout cela.


En France, voilà presque deux décennies que les médias n'arrêtent pas de nous dire : « C'est scientifique », « Les scientifiques pensent que… », « Ce n’est pas scientifique »… Cette répétition, inévitablement, nous perturbe dans notre manière de comprendre le monde qui nous entoure. Il y aurait ce qui est scientifique et le reste. Pour moi, cela ne fonctionne pas du tout comme ça, et cette répétition médiatique nous déstabilise totalement. Je ne sais pas si c'est la même chose dans les autres pays.

- Lorsque je parle d'interprétation des rêves (je ne parle même pas de rêves prémonitoires ou de miracles) aux gens que je rencontre, assez souvent, on me dit : « Mais c’est scientifique ? » Dans leur esprit et instantanément, si je réponds : « Non », ils s'intéressent beaucoup moins à ce que je dis. C'est normal, ils ont été programmés pour cela. Par contre, si je rajoute : « Moi, j'avais une vie à sauver », alors là, ce que je raconte devient à nouveau digne d'intérêt. Cependant, je les sens alors clairement moins à l’aise.



Les sciences qui n'en sont plus


- J'ai parlé à un collègue agrégé en SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) d’un sujet que je maîtrise bien (ce sujet est lié à la guerre). Lui n'en a jamais entendu parler. Initialement, il est surpris par mon discours, puis, au bout de cinq à dix secondes, il m'explique qu'il n'est pas d'accord avec moi.
- J'ai parlé du phénomène OVNI à un enseignant agrégé en mathématiques. Lui n'a pas passé de temps sur le sujet mais, instantanément dans ce cas (et pas après cinq à dix secondes), me dit qu'il est évident que cela n'existe pas. Moi, je pense que cela mérite étude si le sujet nous intéresse, et pas instantanéité.

Nous avons deux enseignants agrégés en sciences soumis, cette fois-ci, à une croyance (que je trouve stupide) selon laquelle on peut avoir une opinion sur un sujet en moins d’une dizaine de secondes... sans l'avoir étudié. Cette croyance est à l’opposé de ce que sont les sciences.
Dans les années 80, nous fonctionnions de manière très différente. Ils n'auraient jamais réagi comme cela et toute personne autour d'eux les aurait remis avec autorité à leur place : « On ne parle pas de ce que l'on ne connaît pas ! » ou « Le sentiment ne vaut pas étude ! » ou « Mais tu es malpoli ! Tu ne connais rien au sujet ! »

- Pour ma part, j'ai entre autre, eu un CAPET en génie électrique et un CAPES en physique appliquée la même année. Je n'ai pas eu l'agrégation de physique du premier coup, mais j'ai quand même eu treize de moyenne aux écrits, alors qu'il faut sept et demi pour être admissible : en externe, en candidat libre et avec, bien sûr, cet affreux sommeil. Cela n'est pas standard !
Cependant, avant de commencer mon travail sur moi (au tout début des années 2000 et bien sûr pas dans les années 80), je faisais moi aussi des raisonnements de cinq à dix secondes sur des sujets que j'ignorais (quand on me demandait mon avis). Il aurait été normal (et scientifique) de ma part d'être prudent et de dire que je n'avais pas étudié le sujet. Cela semble évident et facile à faire, mais ce n’est pas le cas !



Un cerveau construit pour ne pas réfléchir.


Ces exemples montrent (à cause des médias ou pas) qu’il vaut mieux, parfois, avoir de bonnes règles de morale et couper la télévision qu’avoir une agrégation en sciences.


Pour aborder des sujets comme les rêves prémonitoires ou les miracles, il faut avoir une tournure d'esprit particulière. Les deux premiers points seraient :
- Savoir (l’avoir concrètement observé sur soi et sur les autres) que nous ne sommes vraiment pas neutres quand nous abordons ces sujets ;
- Qu’il faut passer beaucoup de temps sur le sujet pour un peu s’affranchir de cette non-neutralité.



Les miracles.


J’ai 28 ans et je suis dans ma première année d’enseignement. Je travaille pour mes élèves et prépare mon agrégation de physique. Un matin, je me lève avec une tache au centre de mon œil gauche. Je vais en cours en pensant que cela va passer. Entre midi et deux heures, j’en parle à un copain prof d’histoire. Il me dit : « Tu prends ton après-midi et tu vas consulter ! » Il a raison. Dans l’après-midi, je vois une ophtalmologue. Elle me fait ce qu’il y a à faire, dont un fond de l’œil. Elle me donne rendez-vous dans un mois sans rien me préciser.
Le temps passe et ma tache rouge devient marron, et peu à peu, disparaît. Quelques jours avant mon rendez-vous, je n’ai strictement plus rien. J’hésite à aller voir la docteure, puis décide de le faire. Je suis devant la docteure et je lui dis que je n’ai plus rien. Elle me répond que ce n’est pas possible. Je regarde le plafond en fermant mon œil droit et je vois bien qu’il est totalement blanc. La tache est totalement partie. Je lui dis alors que je n’ai strictement plus rien. Elle me répète que ce n’est pas possible. Une petite discussion s’engage. Elle me dit que ce dont on parle est une partie totalement connue de la médecine et que ce que je raconte n’est absolument pas possible. Je lui réponds que j’y vois parfaitement bien. La discussion continue un peu, puis elle me dit : « Ben, vous ne savez pas ce que c’est un miracle, eh bien c’est ça, car ce n’est pas possible ! » Son visage exprime sa totale conviction. La discussion continue, chacun restant sur ses positions. Initialement, je pense qu’elle plaisante, puis au vu de nos échanges, ce n’est pas cela. Je pense alors qu’elle me teste sur ma crédulité. Ce n’est bien sûr pas plus cela. Elle examine mon œil et reste perplexe. Puis, je pars. Je suis en colère. Je me retiens de ne pas être plus désagréable que cela.

J’avais une agrégation à préparer et je travaille en tout quelque chose comme soixante heures par semaine. Je ne me suis donc pas occupé de cela. Entre deux et quatre ans après, j’oublierais ce miracle. C’est une dizaine d’années après, quand je commence à faire un travail sur moi, que je commence à chercher les scènes de mon passé. Je n’en ai plus le détail, mais quelques années après le début de mon travail, cette scène m’est revenue à l’esprit.
J’ai eu un miracle et je l’ai oublié !!! Pendant quelque chose comme une dizaine d’années, si quelqu’un m’avait dit qu’il a eu un miracle, je ne l’aurais pas cru !!! Je me serais sûrement moqué de lui ou au minimum, je lui aurais fait un gentil sourire.


Je n’ai aucune connaissance en médecine et ne peux rien vous apprendre sur ce sujet. J’ai cependant passé du temps sur cette histoire. J’ai donc des choses à raconter sur mes réactions.

À 28 ans, je me sais nul en tout ce qui est humain. Je ne sais pas encore d’où cela vient, mais en général, je sais bien gérer la chose, je suis très prudent et à ma place (discrète) quand il y a des discussions sur ces sujets. La psychologie, la sociologie, la philosophie, ce n’est pas pour moi.
- Dans cette scène, je m’invente que la docteure plaisante. Il n’y a aucune raison qu’elle le fasse et je n’ai rien lu sur elle (sur son visage par exemple) qui puisse me faire croire cela.
- Comme cela ne colle pas, je m’invente à nouveau autre chose : elle teste ma crédulité. Il n’y a pas plus de raison. Dans la scène, je suis incapable de m’observer inventer ces deux choses.
- Je pars en colère et prends sur moi de ne pas être plus agressif envers la docteure alors qu’il n’y a aucune raison de l’être, même un peu.
- Entre deux et quatre ans après, j’oublierai cela.

Qu'est-ce qui a provoqué ces trois premières choses ? Que ma culture scientifique génère de la prudence, c’est une chose (et une bonne chose), mais là, je suis l’anti-scientifique, je ne suis même pas dans un état normal. Je ne connais rien à la médecine, rien au miracle, rien en psychologie et je sais mieux que la docteure ce qu’il en est. Non seulement je ne suis pas dans un état normal, mais en plus je suis incapable de m’en rendre compte.
Et la quatrième ?
J'ai eu un miracle et je l'ai oublié !!!

Quand on s’occupe de sujets comme cela, nous fonctionnons dans un très étrange mode !



Avoir un petit cerveau.



Sans que cela ne soit d'une telle ampleur, nous sommes aussi, quand nous essayons de décoder des rêves, dans un état particulier. Essayez de l'observer et prenez cela en compte.


Sauf dans nos inaptitudes (car quand elles sont anormalement fortes, nous observons que nous sommes dans un mode particulier), ce n’est en général pas le cas. Dans nos activités habituelles, nous fonctionnons en mode normal. Cela ne mange pas de pain de faire des mathématiques ou de l’électronique, du sport, des échecs, de la danse, de l’astronomie, notre métier, ….
Il y a par contre des étrangetés, entre autres, à la guerre et dans les sports de combat à très haut niveau.


Deuxième exemple.

J’ai demandé à plusieurs de mes docteurs s’ils avaient eu des cas médicaux exceptionnels et je n’ai eu que des non, jusqu’à la scène que je vais vous raconter.
J’ai brièvement parlé de mon cas à mon gastro-entérologue. Il me répond : « Oui, c’est très rare, mais cela ne s’appelle pas un miracle », puis il me raconte un cas. Il a un de ses patients qui a un kyste gros comme le poing dans son ventre. Ce patient est lui-même médecin généraliste. Il lui demande de faire une radio. Deux jours après, le patient appelle le spécialiste et lui dit que la radio montre qu'il n'y a plus rien. Le spécialiste lui répond : « Mais vous ne savez pas faire des radios à Lodève ? » Le patient lui répond : « Mais je pense qu'il n'y a plus rien. » Le spécialiste lui demande de revenir à Montpellier et effectivement, il n'y a plus rien.
Je dis à mon gastro-entérologue : « Mais c'est possible, ça ? » Il me répond : « Mais bien sûr que non ! et même en un mois (et pas deux jours), ce ne serait pas possible que ce kyste disparaisse ! » Je lui dis : « Mais alors, c'est un miracle ? » Il me répond que non. Je lui dis alors : « Ah, ce n’est pas un miracle ? » Il me répond que non.
Puis je m'amuse et on recommence. Je lui dis : « Mais alors c'est possible ? » Il me dit que non. Je m’amuserais alors à le faire tourner en rond. On fera trois fois l'échange précédent 😂. Puis, avant qu’il ne comprenne la situation, j’arrête. Cette fois-ci, c’est le contraire, je suis très à l’aise dans ces situations et observe (pour apprendre) à quel point lui ne l'est pas.

Ma consultation se passe quelques années après la scène qu’il m’a décrite. Et malgré cela, le gastro-entérologue, Bac + 12, ne sait pas gérer la situation : ce n'est absolument pas possible et en même temps, ce n'est pas un miracle. LOL comme disent les jeunes.
Pour ma part, je suis amusé par la situation parce que je sais qu'en France, actuellement, ce genre de scène est très difficile à appréhender. Je ne sais pas dans les autres pays, ni dans le passé comment nous appréhendions ce genre de choses. Probablement avec plus d'intelligence et bien plus d’humilité.



Homme aux yeux bandés qui ne voit pas alors qu'il devrait voir.




J'ai parlé dans cette partie des miracles non pas pour eux-mêmes, mais pour vous expliquer comment nous réagissons face à des choses un peu bizarres. Dans ces deux cas, la position est de ne pas croire ce que l’on voit, de nier une réalité. Cependant, le contraire peut aussi arriver, voir des choses bizarres là où il n’y en a pas.

Ne pensez pas non plus que je dénigre les sciences et leur tournure d’esprit. Elle apporte intelligence et prudence. Je dis seulement que cette disposition (sur l’instant au moins) est bien moins agissante sur nous que ce qui nous perturbe dans ces cas particuliers.


Remarque importante.
Lorsque je parle de miracle, je ne parle pas particulièrement de quelque chose à caractère religieux. Dans les deux exemples que j'ai donnés, ni moi ni le docteur généraliste qui a vu son kyste disparaître n'avons vu quoi que ce soit de religieux. Il s'agit juste de totales impossibilités médicales.
Je précise cela parce que, quand on parle de miracle, on pense tout de suite à Lourdes, où il y a le bureau des constatations médicales. Les médecins qui s'occupent de ça sont soumis à des critères très stricts, établis au XVIIIᵉ siècle par le cardinal Prosper Lambertini (devenu le pape Benoît XIV).



Les rêves prémonitoires.


Lors de mes premières années, même si je ne m’intéressais aux rêves que pour résoudre mes problèmes, je me suis, à juste titre, posé la question des rêves prémonitoires. Si, au réveil, j’avais la sensation d’en avoir un (ou si en l’étudiant, le rêve semblait l’indiquer), je ne manquais pas l’occasion de m’occuper de cela.

Une fois, je rêve d’une Peugeot 206 CC grise que je vois de derrière, mais le rêve est tout ce qu’il y a de plus banal. Le rêve est dans mon dictaphone et je ne m’en occupe pas durant la journée. Je ne l’ai bien sûr plus en tête. Le soir, je rencontre une femme qui me plait et qui a une Peugeot 206 CC grise. Quand je la raccompagne à sa voiture, je vois sa 206 de derrière (comme dans mon rêve). Le lendemain, j’écoute mon dictaphone avec les rêves de la nuit et ceux de la nuit d’avant (celui parlant de la 206). Je me dis alors que j’ai peut-être là un rêve prémonitoire.
Le temps passe et je ne revois plus cette femme qui possède cette voiture-là. Des femmes qui m’ont plu et que je n’ai pas revues, il y en a eu beaucoup…

Il y a beaucoup de symboles dans les rêves et il est normal que, de temps en temps, des choses comme cela arrivent.
Les années ont passé et avec environ 900 rêves par an (durant les premières années), cela fait suffisamment d’expérience pour avoir une opinion sur le sujet : je n’ai pas de rêve prémonitoire !


J’ai cependant un souvenir d’une scène prémonitoire. Je l’ai eue bien avant mon intérêt pour les choses de l’esprit humain.

Je prépare une agrégation de physique appliquée (physique, électronique et électrotechnique). Je prépare une leçon car il y en a beaucoup (autour de 250, dont environ un tiers en physique) : c’est un concours de prof. C’est sur la mécanique des fluides. Je la bâcle car je veux l’agrég, mais c’est la physique qui me plaît plus que l’enseignement, encore moins préparer des cours pour rien ! De plus, il y a tellement de leçons à préparer …

Lorsque sa ‘préparation’ est finie, j’ai l’étrange sentiment que cette leçon va tomber à l’oral. Je trouve cela stupide. C’est un peu comme si j’étais en deux parties, la partie ‘extérieure’ m’envoyant cette idée, la partie 'intérieure' trouvant cela sans sens.
Puis, cela reste et c’est fort. Je me dis alors que je ne connais rien à la psychologie : c’est une tournure d’esprit qui m’était inconnue. À l’époque, je me savais vraiment peu apte à tout ce qui concerne l’esprit humain. J’ai, plus tard, découvert les raisons à cela.
De toute manière, je n’ai pas le choix, je suis moins fort que ce sentiment-là. C’est très étrange ! Je décide donc de mettre ces quatre feuilles dans la pochette que j’amènerai pour passer les oraux. Ce sentiment bizarre disparaît alors immédiatement.

Quelques jours après, je me demande quoi faire de cela. Dois-je préparer particulièrement cette leçon ? Psychiquement (dans ma tête), il n’y a pas grand-chose : deux petites forces dans des sens opposés. Presque rien. Je laisse donc tomber.

Des mois après, je passe les écrits et, encore plus tard, j’ai la convocation pour l’oral. Je me remets alors à penser à cette scène que j’avais totalement oubliée. Petit à petit, le sentiment que cette leçon va tomber réapparaît un peu dès que je pense à cela. Malgré cela, je ne travaille pas cette leçon !

Puis c’est l’oral. Je vais bientôt tirer au sort ma leçon : des petits papiers à l’envers sur lesquels il y a écrit sur chacun le titre d’une leçon. Le sentiment devient de plus en plus fort. On m’appelle, je vais vers le bureau du jury. Je vois les papiers et sais lequel c’est : celui qui est le plus près de moi. Je me dis : « Tu vas voir, tu ne seras même pas étonné. » Et c’est le cas !
Je n’ai pas réellement préparé cette leçon et ne connais pas assez le sujet. Le sentiment durant toute la préparation, c’est ‘je triche’ et je ne fais vraiment pas ce qu’il faut : un genre d’auto-sabotage. Je n’aurai pas l’agrég cette année-là.
Mais cet auto-sabotage est lui aussi très particulier (sans aucune connotation paranormale). J'avais quatre heures pour préparer ma leçon. J'aurais dû utiliser ces quatre heures pour apprendre de ce domaine, pour pouvoir répondre aux questions que le jury me poserait. Au lieu de cela, je culpabilise car je pense que je triche et je tourne en rond. Il n'est pas normal que je réagisse ainsi. Cet étrange comportement est à relier au fait de ne pas préparer cette leçon après avoir reçu la convocation pour l'oral. Il semble que j'ai été soumis à une influence positive paranormale, contre une influence négative classique.



La mécanique des fluides.


Je n'oublierai pas cette scène, mais je la classerai parmi les étrangetés de la vie dont je ne sais pas quoi faire : à cette époque, je ne m'intéresse qu'aux sciences.

Ainsi, je ne peux pas jeter la pierre à ceux qui pensent que des rêves peuvent être prémonitoires.


Plus tard, je commence à faire un travail sur moi et très vite, je me mets réellement au travail, car je sais que je ne vais pas me guérir de mon problème de sommeil aussi facilement que ça. Au début, je ne fais que du psychocorporel et au bout de deux ans, je fais ma première séance de psychothérapie en tant qu'apprenti psy.
Je propose gratuitement mes services à une copine qui n’est pas très bien dans sa peau. La séance dure deux heures et demie et je fais tout ce que je sais faire. Sauf à refaire les mêmes choses, je ne saurais pas lui proposer une deuxième séance.
À la fin de la séance, je ne sais pas quoi penser. Il ne s'est rien passé et ce n'est pas normal, car j'ai fait exactement ce qu'il y avait à faire. Avec ce que j'ai fait, je devrais mettre n'importe qui dans le pleur. Je demande à ma copine de partir et de se retrouver toute seule. Elle trouve cela bizarre, mais s'exécute.

Dès que je me retrouve seul, je ressens quelque chose de bizarre. Il y a une partie de moi qui dit ‘échec total’ et une autre un peu plus extérieure qui me dit ‘parfait’. Cette partie est la même que celle qui m'avait informé que la leçon de mécanique des fluides tomberait à l’oral, la chose est très déroutante et je ne sais pas quoi en faire, car le terme ‘parfait’ est en totale opposition avec ce que je pense. Je sais cependant gérer la situation : cela ne me gêne pas et je trouve même très positif de vivre cela.
Le soir, je la revois. Et elle me dit : « Philippe, qu'est-ce que tu m'as fait ? » Elle est dans un état très bizarre : elle est complètement dévariée. Je suis alors très content de cela, ma séance n’est pas un échec. Je lui demande si elle a pleuré. Elle me dit que non. À l’époque, je pensais que le pleur libérait de nos problèmes (dans le cadre de la psychothérapie). Je lui dis que c’est dommage et l’invite à pleurer si cela vient. Le lendemain soir, je l’appelle. Elle me dit qu’elle a pleuré toute la nuit et ce matin, elle a appelé sa mère et sait enfin pourquoi elle n’a jamais vu son père.

Ma séance a parfaitement fonctionné comme l’avait vu (et pas prédit) la partie extérieure de moi-même, si c’est comme cela que cela fonctionne.


Bien plus tard, initié aux symboles que m’envoie mon inconscient (et pas à ceux utilisés dans d’autres domaines humains), je fais le constat suivant. Cette scène a aussi un fort sens symbolique ! La leçon de mécanique des fluides qui va tomber peut se traduire par : plus tard, tu devras apprendre des choses de l’inconscient et/ou de ta mère (les deux sont souvent codés par de l’eau, propre dans un cas, sale dans l’autre). Avec le terrible sommeil que j’avais, il était normal qu’un de ces jours, je m’intéresse à tout cela.

CG Jung parle de cela : il parle de choses autour de la synchronicité.



Lorsque je discute avec des gens qui affirment avoir des rêves prémonitoires, presque tout le temps, je ne les crois pas crédibles :

- Soit ils connaissent le sujet, et là, ils me semblent plus intéressés par des choses bizarres que par la thérapie ; ils ne me semblent pas assez prudents. Dans leur démarche, il me semble qu’ils concluent vraiment trop vite.

- Soit ils ne le connaissent pas (des gens lambda qui croient que les choses s’apprennent rapidement) et là, ce qu’ils prennent pour vrai ne me semble même pas crédible.



Mon ancienne psy n’a pas, comme moi, des milliers et des milliers de rêves, mais des dizaines et des dizaines de milliers de rêves (ceux de ses clients). Elle m’a raconté un rêve prémonitoire. Un seul pour des dizaines et des dizaines de milliers de rêves. Le rêve parle de la mort du fils de la rêveuse. Je le décris brièvement.
Dans le rêve, la rêveuse se réveille car le téléphone sonne. Elle voit qu’il est 6 h au réveil. Elle décroche et c’est l’hôpital qui lui annonce que son fils est mort. Elle va donc à l’hôpital et voit son fils allongé, mort, avec une tache rouge à la gorge. Au réveil, la rêveuse sait, soit que ce rêve est prémonitoire, soit qu’il est éminemment important (je n’en ai plus le détail). Elle discutera de cela avec son fils qui lui dira qu’il a choisi de partir !
Plus tard, elle se réveillera réellement, un matin, à cause d’un coup de fil. Il est réellement 6 h du matin. C’est le même hôpital que dans son rêve qui l’appelle pour lui indiquer que son fils est mort. Elle va à l’hôpital et voit son fils allongé. Il est mort sans la tache rouge à la gorge. C’est la réalité : elle ne se réveillera pas.

Ce rêve est réellement prémonitoire !



Rêve prémonitoire

Pour ma part, je crois possible l’existence de rêves prémonitoires mais j’y vois obligatoirement trois choses :

1) L’extrême rareté de la chose ;

2) Le rêveur sait au réveil que le rêve est prémonitoire : si le rêve devient prémonitoire après coup, une fois que la situation a eu lieu, c’est bien qu’il n’était PAS prémonitoire !
Il faut que le principe de causalité cher aux physiciens ne soit pas respecté.

3) Il apporte au rêveur un avantage certain. Rêver d’une robe à fleurs et quelques jours après rencontrer une femme qui a presque la même robe n’apporte strictement aucun avantage au rêveur !


Une femme m’a parlé d’une série de rêves (quatre ou cinq, je n’en ai plus le détail) très prenants, qu’elle croit (après coup) prémonitoires. Dans ces rêves, elle se fait agresser. Dans l’un d’eux, il y a un attentat. À l’époque où elle a fait ces rêves, il n’y avait aucun signe qui puisse lui indiquer qu’ils seraient prémonitoires mais elle a été très touchée par la puissance de ces rêves. Ils étaient si prenants qu’elle voulait parler de cela à quelqu’un.
Un an après le dernier de ces rêves, un attentat a lieu et elle est sur les lieux. Elle pense qu’il est fort possible que ses rêves lui aient sauvé la vie. La rêveuse est depuis viscéralement certaine que ces rêves-là étaient prémonitoires.

Pour ma part, il n’y a que deux points sur trois : la chose est rare et lui donne un avantage certain. Serait-elle morte sans ces rêves ? Difficile de préciser cela ! Par contre, il manque le troisième point : l’inconscient (ou autre chose) doit indiquer à la rêveuse que ces rêves sont prémonitoires, sinon, cela ne sert strictement à rien !

Pour moi, ils ne le sont pas car trois choses ne vont pas :

- Il n’y a un attentat que dans un seul de ses rêves ;
- Le dernier de ces rêves est trop éloigné de l’attentat ;
- Rien n’indique à la rêveuse qu’ils sont prémonitoires.

À l’inverse, dans mon cas (pour la scène prémonitoire que j’ai décrite un peu plus haut) :

- Le sentiment que cela va arriver est très fort (plus que ‘ma raison’) ;
- Je sais aussi quel papier je dois choisir au moment de tirer au sort ma leçon de physique ;
- Ce papier est celui qui est le plus proche de moi, celui que le 'hasard' me présente !


Il me semble très peu probable que l’inconscient (ou autre chose) ait la capacité de voir dans le futur et pas celle d’avertir le rêveur au réveil que le rêve est prémonitoire : c’est tellement plus facile à faire. De la même manière, être capable de voir dans le futur pour juste indiquer des futilités ne me parait pas logique du tout.

Dans le cas de cette femme, la stratégie utilisée par l’inconscient n’est vraiment pas bonne. Il aurait dû lui envoyer seulement des rêves où il y a un attentat : le premier rêve quelques mois avant l’attentat, puis un autre un mois avant, un troisième une semaine avant, et un dernier quelques jours avant.
S’il n’est pas capable de la convaincre que cela va arriver, il pourrait au moins envoyer des rêves de plus en plus forts. Pour moi, elle a fait des rêves d’ego comme beaucoup m’en proposent quand ils me présentent leurs rêves.

Je parlerai un peu tout au long de ce site de la stratégie de l’inconscient : dans d’autres contextes, parfois sans le préciser. C’est parce que je connais toutes ces stratégies que je ne crois pas que les quatre rêves précédents soient prémonitoires.



Je finirai sur cette partie en disant qu’il y a une totale démesure entre ce que peut apporter le bon décodage classique des rêves à chacun d’entre nous, relativement à ces rarissimes étrangetés.



Peut-être plus tard, quand nous serons tous maîtres chez nous, ce sujet prendra une autre importance (dans quelques siècles ou plus).


Je vous invite dans un premier temps (assez long) à laisser tomber avec cela.



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